Coup de coeur

Mes jeux du moment (Janvier 2019)

Très peu de jeux ces derniers mois mais 2 jeux indépendants qui m’ont agréablement marqué.

Je ne suis pas très adepte des gros titres AAA, j’aime beaucoup les jeux indés car ils savent exploiter de très belles mécaniques de jeu et amener des concepts très intéressants avec le joueur.


#1 : GRIS

Oui oui, GRIS, comme la couleur.

Un petit jeu 2D poétique et onirique dont la « simplicité » et l’ambiance m’ont beaucoup plu.

Vous incarnez une fille qui perd sa voix et où le monde autour d’elle s’effondre (en tous sens). Vous accompagnerez donc cette fille à surmonter différents obstacles afin de recoller les morceaux de sa personnalité, raviver les couleurs du monde et surmonter son chagrin et son deuil.

Car oui, GRIS est dénué d’explication ou de narration. Les seuls « indices » se trouvent dans le nom de certains succès et scènes auxquelles vous assistez. C’est un jeu basé sur l’Art et la subjectivité où vous ne pourrez pas mourir.

Tout en symbolique, ce jeu est pour moi une expérience vidéo ludique à la rencontre de l’Art où l’aquarelle et le dessin se mêlent avec une étonnante fluidité à un gameplay simple et original.

J’ai trouvé le jeu très logique pour ma part, avec un level design bien pensé.
Outre la patte graphique soignée (chaque moment du jeu est capable de créer un magnifique fond d’écran), la bande son très reposante et agréable est un réel délice qui accompagne à merveille l’aventure.

(Les images ci-dessus sont tirées du jeu et non de cinématiques)

Disponible Windows, Mac et Switch.
https://www.gog.com/game/gris

Comptez environ 5h d’expérience.


#2 : Oneshot

Sous ses apparences de vieil RPG, Oneshot se démarque en réalité par une expérience de jeu très différente et assez hors norme.

Le pari a été pris d’entretenir une relation unique entre le jeu et le joueur.
Et je dois dire que le pari a été réussi pour ma part !

Sorti en 2016 ce jeu est pour moi une vraie surprise !

Vous incarnez un petit garçon se réveillant dans une chambre et trouvant le « soleil » du monde. Il faudra donc guider ce garçon afin de restituer le soleil.

Mais attendez la suite…

Si le synops est simple au premier abord c’est tout simplement pour ne pas spoiler ! Il est très difficile d’expliquer le jeu sans spoiler l’expérience.

Car l’expérience va bien au-delà du jeu, littéralement. Est-ce vous qui jouez au jeu ou le jeu qui se joue de vous ?…

« Oneshot » en anglais signifie « un coup unique », « un seul tir ». Et ce jeu, ne s’appelle pas comme ça pour rien…

Vous n’aurez droit qu’à un seul et unique run de jeu.
Cependant, je vais citer un joueur sur Steam :

Le jeu n’est pas fini tant que les crédits ne se sont pas affichés, retenez bien cela.

Arriverez-vous à trouver la véritable fin malgré tout ?

Bien qu’un peu lent par moment avec des aller-retours un peu longs, il garde des mécaniques bien originales qui méritent qu’on y joue.

Pour ma part il m’a rappelé un peu Undertale, bien que très différent sur le principe, il n’y a aucun combat dans Oneshot, c’est l’impression qu’il laisse qui est similaire avec un jeu qui se joue des codes et une impression d’être acteur du jeu.

Si la notion de « meta-game » (à la Stanley Parable, qui, au passage, va faire une mise à jour cette année), qui se joue des codes, ou bien la notion de « 4e mur » vous est familière vous comprendrez en quoi ce jeu est vraiment sympa !

Disponible Windows et Mac.
https://store.steampowered.com/app/420530/OneShot/?l=french

J’ai trouvé un projet sur Github qui permettrait a priori de jouer sous Linux en convertissant la version Windows, mais pas sûr que ça marche sur toutes les versions de Linux, certains exécutables demandent de pouvoir gérer des fenêtres semi-transparentes.

Comptez environ 7h d’expérience

Vidéo : comment la géolocalisation de nos images perturbe notre environnement | phototrend.fr

La chaîne Youtube de Vox a publié une vidéo (en anglais) qui montre comment la géolocalisation de nos images nuit à notre environnement via l’exemple d’une vue imprenable sur le fleuve du Colorado à la frontière de l’Arizona et de l’Utah.

Source : Vidéo : comment la géolocalisation de nos images perturbe notre environnement

 

Et évidemment éroder le paysage et laisser une montagne de détritus comme on sait bien le faire…

Automatica, robots vs music par Nigel Standford | laboiteverte.fr

Nigel Standford fait de la musique électronique dans des vidéos qui touchent à la robotique où à la science (précédemment, sa superbe vidéo Cymatics qui montre la façon dont les sons influent sur la matière). Dans sa dernière création Automatica, des robots industriels programmés avec soin jouent des instruments comme le piano ou le synthétiseur…

Source : Automatica, robots vs music par Nigel Standford


Captivant et impressionnant

Dans le site source, une autre vidéo montre l’envers du décor et certaines explications sont ajoutées.

Non au brevetage de la bière !

Carlsberg et Heineken revendiquent la propriété intellectuelle du procédé de brassage de la bière, une tradition millénaire. Comment procèdent ces multinationales ? Elles revendiquent un brevet sur l’orge. Nous serons à Munich pour manifester contre cela. Signez notre pétition!

Source : Non au brevetage de la bière !

 

Je relaye…

Return of the Obra Dinn – Un chef d’œuvre vidéoludique à ne pas rater !

Article co-écrit par Matronix et Lokoyote

 

Hohoho moussaillons !
Il y a des jeux que l’on finit rapidement, d’autres pour lesquels on prend son temps. Beaucoup ne laissent pas une grande impression mais certains vous marquent et sont considérés comme une expérience plutôt qu’un simple jeu.
Return of the Obra Dinn fait parti de cette dernière catégorie de jeux qui vous feront vivre une histoire.

Return of the Obra Dinn a été créé et développé par Lucas Pope, le papa de Papers, Please, un jeu indépendant très particulier axé sur l’aspect humain et psychologique, très bien salué par la critique à sa sortie (si vous ne connaissez pas, suivez le lien).
5 ans plus tard sort donc Return of the Obra Dinn qui a mérité ni plus ni moins 4 ans de travail de la part du développeur.

On ne présentera pas ce jeu comme un jeu, mais vraiment comme une œuvre d’art tant les finitions sont importantes et une expérience.

 

Le Pitch

Vous incarnez un expert en assurance de la Compagnie britannique des Indes orientales, en 1807, devant enquêter sur un bateau disparu depuis cinq ans : l’Obra Dinn.

Et c’est tout. À vous de vous débrouiller pour rendre compte de ce qu’il s’est passé sur ce navire et comprendre les dénouements…

 

Le Gameplay

Return of the Obra Dinn est un jeu à la première personne monochromatique (en une seule couleur) avec des teintes que vous pourrez choisir dans les options (personnellement j’ai opté pour le style « IBM 8503 » donnant un aspect un peu plus gris et blanc).
En tant qu’enquêteur, vos seuls outils d’enquête seront donc un carnet contenant l’essentiel des informations dont vous aurez besoin pour résoudre l’affaire ainsi qu’une montre à gousset particulière vous permettant d’interagir avec les cadavres et remonter le temps au tout dernier instant de leur mort.
La grande particularité du jeu réside dans cette interaction et de pouvoir remonter dans le temps.

Une petite séquence audio se lance puis une scène figée de leur mort apparaît. Vous avez ensuite tout le loisir pour vous promener dans cette scène et glaner le maximum d’informations.

Une petite vidéo avec le premier cadavre (sans spoiler) afin de vous montrer les mécaniques de jeu :

 

Chaque séquence est unique et représente donc un souvenir d’un défunt à un moment T, vous laissant des indices sur les personnes autour de lui à ce moment.
Chaque détail, auditif et visuel est important pour comprendre l’ensemble du tableau du meurtre et surtout le rôle et le nom de chacun des 60 passagers de ce bateau ainsi que leur lien les uns les autres dans ces péripéties.
Les vêtements, la posture, le lieu, le moment, tout cela nous donne des indices.
Un véritable jeu de pistes mettant à l’épreuve vos talents de détective, une sorte de Cluedo géant dans lequel chaque personnage a son propre rôle et son destin.
Là où l’auteur a fait très très fort est dans les détails. Chaque détail de chaque tableau a été très très bien pensé, rien ou presque n’est laissé au hasard. À vous de comprendre si certains sont utiles ou non.

La partie audio de ce jeu nous a vraiment transporté. Les doublages, les bruitages et la musique nous créent une bulle sur ce bateau et dans cet univers.

Plus vous passerez de temps sur ce navire, plus vous aurez l’impression d’y avoir vécu et d’avoir connu son équipage.

La difficulté du jeu vient donc du fait d’associer chaque personnage à un nom, une cause de mort et un meurtrier.
Pour éviter toute déduction due au hasard, le réalisateur a eu la bonne idée de valider les « Sorts » (sorts des personnages) seulement lorsque 3 fiches sont remplies de manière exactes. Vous ne pourrez donc pas savoir si votre fiche remplie en partie au hasard est vraie tant que 2 autres ne sont pas exactes également.

La chronologie de l’histoire se fait par conséquent en fonction des cadavres que vous trouverez et il faudra souvent refaire un chapitre dans l’ordre pour tout comprendre le principal.
La réalisation graphique n’en demeure pas moins en retrait ! Bien que de premier abord on peut être rebuté par la pâte graphique, les très nombreux et incroyables détails présents tout du long donnent un aspect très réaliste à ce qui se passe.
De même, bien que les scènes de morts soient figées, l’intérêt apporté aux détails dans l’expression des visages, les postures, les éléments du décor, etc, tout ça donne un dynamisme, une intensité, voire du spectaculaire dans certaines scènes. On se sent parfois mal à l’aise tant les détails sont présents et donnent un impressionnant sentiment de réalisme !

Vous n’aurez jamais autant eu ce sentiment de gratification personnelle qu’en résolvant le devenir des 60 membres de l’équipage car, malgré les aides, beaucoup de déduction doivent être faites par vous même et ce ne sera que grâce à votre sens de la logique et de l’appréciation du détail que vous avancerez seul au milieu du tas de cadavre. Une implication active est nécessaire et amène vraiment le joueur à s’impliquer et donner du crédit à cette histoire brillamment écrite.

 

Notre recommandation

Une magnifique pépite que nous recommandons sans aucune hésitation !

Malgré des scènes figées, l’auteur a réussi le pari de nous faire vivre des scènes fortes en émotion. Se promener sur ce bateau et faire attention à chaque détail nous invite à prendre part à l’histoire et ne pas être un simple spectateur omniscient, vous devenez littéralement un membre de l’équipage se baladant à travers les étages afin de vaquer à ses occupations d’enquêteur.

Cette œuvre mérite d’être connue et c’est la raison pour laquelle nous avons écrit cet article (qui n’est pas sponsorisé).
Nous vous soumettons le lien vers GoG pour l’acheter et soutenir au mieux l’auteur qui a eu le mérite de créer une expérience très aboutie : https://www.gog.com/index.php/game/return_of_the_obra_dinn

Disponible uniquement Windows et Mac pour le moment (https://twitter.com/dukope/status/722019374182309888)
Compter au minimum 10h pour finir le jeu pour les plus rapides.

Ce jeu ne se fait pas d’une traite, vous ne pourrez pas, il demande du recul avec le temps et de la réflexion.
Simplement, il sera là, dans votre tête en arrière plan, à chaque fois que vous l’arrêterez.
Ce jeu est tout simplement une expérience à vivre et vous laissera un souvenir marquant !