Pourquoi partager de bons vins n’est pas toujours une bonne idée

Depuis cette année, j’ai pris l’habitude de déguster de bons alcools, notamment de très bons vins. Cependant, il n’est pas du tout intéressant pour moi de faire goûter les vins que j’apprécie à certains de mes amis quand bien même l’envie de partager y est !
Chaque « pic » des courbes ci-dessous modélisent une « note » que vous pouvez sentir, sachant qu’un produit est « goûté » par le nez mais aussi par la bouche (il suffit de se boucher le nez en avalant et quelques secondes après avoir avalé pour s’en rendre compte).

De manière imagée, la première fois que nous goûtons à un produit dont nous n’avons pas l’habitude (le vin par exemple), nous obtenons un truc dans ce genre :

Courbe simple

Représentation du ressenti (grossier)

En gros, vous sentez que ça sent et goûte le vin, vous ne savez pas exactement ce que c’est mais c’est différent de ce que vous buvez en général. Vous savez identifier le vin. Un beau profil de vin « bas-de-gamme » où rien ne ressort vraiment, à part peut-être l’alcool. Ici, un pic unique très grossier et général.

 

Avec un peu d’entraînement, vient ensuite une meilleure caractérisation de ce que vous sentez, par exemple :

Courbe moyenne

Représentation du ressenti (moyen)

Vous sentez une certaines acidité, un arôme ou 2, voire êtes capables de mettre un nom sur ce que vous percevez. Un côté boisé semble ressortir du lot ! Un vin standard, agréable mais pas non plus transcendant, typique d’un vin moyen. Ici, quelques pics ressortent montrant quelques discriminations faites par votre bouche et nez.

 

Puis finalement, à force de vous faire le palais, vous devenez un « pseudo-nez » :

Courbe complexe

Représentation du ressenti (complexe, chaque pic est une « note » détectée)

Vous sentez plusieurs nuances dans le vin, des arômes de noix, de rose, de clou-de-girofle, une acidité, une longueur en bouche, une structure dans le vin et des nuances dans les arômes. Vous êtes capables d’identifier et de nommer des arômes et des ressentis, et pouvez savoir si le vin est affiné, homogène ou complètement déstructuré et déséquilibré. En général, ce genre de spécificité est présent dans les grands vins bien travaillés et vieillis où les arômes se mélangent. Dans ce cas, plusieurs pics plus ou moins séparés représentent votre capacité à séparer les ressentis et à les caractériser en fonction de leur intensité (hauteur).

 

Voilà pourquoi il est inutile de commencer par de bons vins pour se faire le palais. Dans tous les cas, quelqu’un qui débute ne sentira qu’une sensation générale quand bien même le vin serait très typé. Le piège étant que par la suite, cette personne pensera que les vins bas-de-gamme et grands-crus sont équivalents.

Pensez-y la prochaine fois avant d’acheter une bouteille pour faire plaisir ;)

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